Men Only

Men Only couverture

Vous le savez, vous ne le savez pas, Un Fanzine par Mois, c’est que des mecs et franchement on n’en est pas peu fiers. Alors, quand on a vu « Men Only », autant vous dire qu’on s’est sentis concernés. Enfin ! De la lecture par des hommes, pour des hommes, on s’est dit. Dans un monde où il vaut mieux ne pas avoir de protubérance entre les jambes pour s’enorgueillir d’être lecteur on y a vu LA solution. Sachez-le, cette histoire ne commence pas par une vérité, et ce n’est pas terminé.

Fondé à Estienne en 2012 par douze étudiants, L’Amour édition produit à ses débuts un fanzine éponyme sous forme de pochette surprise contenant un petit fanzine, des cartes postales, un livre dont vous êtes le héros, et d’autres petites choses. L’amour du récit est au fondement de la lancée initial du projet, pourtant au troisième numéro, le soin apporté à l’objet-livre semble prévaloir sur le contenu lui-même. Cet écart vis-à-vis du projet initial, ajouté à l‘éparpillement des membres du collectif mirent le projet en pause. Certaines des membres se retrouvèrent par la suite aux Arts-Déco de Strasbourg où L’Amour leur revint à l’esprit et au cœur.

C’était durant l’hiver 2017/2018, au moment de la polémique sur l’absence de femmes dans la liste des nominés au grand prix d’Angoulême. A cela s’ajouta plusieurs tristes considérations : la désagréable impression qu’être une association composée de filles empêche d’être pris au sérieux, le navrant constat de se voir plus souvent considérée comme une attachée-presse qu’une autrice, la déplorable idée trop souvent présupposée qu’une autrice doit faire de la jeunesse et non de la BD…

Alors, une pensée émerge dans les têtes. Puisqu’il faut être entre-couilles pour faire de la BD, autant créer un projet aux relents de roubignolles et de testostérone. Ainsi né Men Only. Les contributrices du projet vont dorénavant user d’identités masculines, créer de faux comptes Facebook et Instagram, feindre en festival de tenir le stand pour les auteurs…

Et puis pour finir, elles décident d’écrire et de dessiner comme des mecs pour montrer que, franchement, ça ne change pas grand-chose.

Car, bien entendu, l’objectif de L’Amour, ce n’est pas seulement de se cacher derrière une fausse masculinité. Men Only, c’est avant tout la volonté de faire de la BD, de raconter des histoires et de s’éloigner de l’objet de pure impression. Pour se permettre d’approfondir leur propos et éviter les frustrations qu’un récit trop court peut produire sur le lecteur et l’auteur, elles poursuivent les histoires au fil des numéros.

Men Only c’est du feuilleton et ça paraît tous les deux mois. Il est possible de s’y abonner à partir du site internet (https://menonlymag.tumblr.com/). Avec Un Fanzine par Mois, vous recevez aujourd’hui le numéro 5. A l’intérieur, les résumés des pages précédentes et le lancement de nouvelles intrigues vous permettront de ne pas vous perdre.

Il existe aussi chez L’Amour deux hors-séries titrés Hymen Only, un joli jeu de mots pour signifier que cette fois, les garçons prendront place dans l’ouvrage sous des noms féminins. D’autres hors-séries sont prévus et notamment Dolmen Only impulsé par le récent déménagement de nombreux membre dans la belle ville de Naoned.

Enfin, vous pouvez aussi retrouver le travail d’Adèle Verlinden (a.k.a Léo Boutelier) dans deux très belles maisons d’éditions. Les fourmis rouges et Magnani, d’autres ouvrages sont d’ailleurs encore à venir chez eux, dont Le Ventre de Cerbère prépublié dans Men Only qui sera édité chez Magnani.

rédigé par ☞ Yann Quelennec