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Quintal x Charline Gautier

C’est déjà Noël, on a le blues des fêtes et du confinement accumulés et on a beau entendre Mariah Carey partout et tout le temps, ça n’aide pas vraiment. Pour tout dire, Mariah empire les choses…
Alors on va plutôt boucher nos oreilles et concentrer nos yeux vers des gens moins exposés mais qui mettent au moins autant de passion dans leur travail que Mariah atteint d’octaves : Oscar Ginter & Charlène Gautier.
Oscar est le fondateur & dirigeant ( je ne sais pas si c’est le titre qu’il se donne )
du studio d’impression Riso Quintal, situé dans le 20e arrondissement de Paris.
Le studio édite aussi des affiches et des livres.
Charline est une illustratrice. Elle travaille chez Quintal et y a récemment publié Épine que vous recevez.
Merci à eux d’avoir répondu à nos questions.
Merci à vous aussi, cher·s·es abonné·s·es.
Je crois qu’on ne le dit pas assez, mais on existe grâce à vous.

Oscar Ginter
de Quintal

C’est quoi ton parcours & celui
du studio d’impression ?

Un parcours trop général pour être intéressant mais, dès l’arrivée en école de graphisme ( à Penninghen ) je me suis découvert une vraie passion pour le DIY. J’ai commencé à faire pas mal de livres à la main et de reliures pour mes projets. En sortant j’ai commencé une petite année en freelance, à prendre tout ce qui passait. Des trucs plus ou moins intéressants. En parallèle, j’ai monté un petit projet en famille autour des plantes qui m’a amené a éditer quelques affiches en sérigraphie ( à l’atelier Fwells dans le 13e ). Très sympa, mais très couteux. On s’est vite décidé à acheter une Riso d’occasion pour imprimer nous-même. Après 6 mois à imprimer sporadiquement dans le garage chez ma mère, j’ai décidé d’organiser une exposition collective en parallèle du projet familial à l’atelier Hauteville. C’est à l’occasion de cette exposition que Quintal prend forme, 65 artistes invités, 70 affiches et 4 livres édités en 3 mois alors que je ne savais pas encore très bien imprimer. Ça m’a mis direct dans le bain !
En janvier 2018 je commence a accepter des commandes et puis depuis, je n’ai plus vraiment arrêté…

À part toi, c’est qui Quintal ?

Quintal c’est aussi Alexandra Pascual & Charline Gautieravec qui nous avons fait le projet Épine ) Charline va nous rejoindre officiellement dès mars ou avril. Alexandra est là elle depuis mars 2019 où elle avait commencé par un stage.
Mais Quintal c’est aussi un peu mon frère avec qui j’ai commencé cette aventure, même si on ne travaille plus vraiment ensemble depuis quelques temps, il est toujours de bon conseil lorsque l’on se lance dans de nouveaux projets.

À quel moment as-tu eu envie d’éditer
& comment l’envie s’est transformée en réalité ?

J’ai commencé par éditer des affiches et des petits projets de livres à travers des expositions collectives assez libres, mais j’avais toujours un peu l’impression qu’on ne poussait pas assez la relation. C’était souvent assez rapide du fait d’avoir des délais assez courts. Le fait de faire une édition avec un ou plusieurs artistes ça demande beaucoup de temps et d’énergie mais c’est aussi très intéressant dans le rapport avec l’artiste. D’autant plus que je m’occupe à la fois du graphisme, des choix éditoriaux et de l’impression pour la plupart des projets. Il y a eu une super complicité par exemple avec Lisa Mouchet. Avec elle, nous avons édité le projet Panorama sur son voyage au Canada. Après ce projet j’avais envie de n’avoir que ce genre d’échanges.

As-tu une ligne éditoriale particulière ?

Pas vraiment à vrai dire… Quintal c’est plein de projets liés à des rencontres. J’ai tendance à aller vers des productions dans le domaine de l’illustration et des arts graphiques ( principalement typographique ).
Avec le temps on s’est dit qu’il fallait recentrer un peu notre ligne éditoriale, c’est pour ça qu’on a monté le projet The Drawing Book Project pour éditer principalement des projets de dessin avec Félix Ernoult qui est passé par chez nous à la fin 2019 et qui vient de monter son propre atelier de Riso à Annecy ( Nebel Press ). À côté de ça, j’ai développé une maison d’édition avec le photographe Stéphane Gallois qui va tourner plus autour de l’objet photographique.

Peux-tu expliquer plus précisément
ce qu’est The Drawing Book Project ?

C’est un projet qui remonte à la fin du stage de Félix chaque personne que nous accueillons en stage a pour but de finir son stage avec un projet perso ). Nous avions convenu de faire un livre de dessin assez conséquent ( 180p ) avec les croquis et dessins que Félix faisait pendant son temps libre. Après avoir réalisé le bouquin, on s’est dit que ça serait pas mal d’inviter d’autres artistes à participer sur le même principe. C’est là qu’est né le projet de TDBP. Ce n’est pas forcément facile avec le COVID et la distance ( Paris > Annecy ) mais on a 6 projets de livre en cours qui verront le jours début 2021 et la collection suivante sera sur le même principe de monochromes sur papier coloré. Mais, cette fois-ci, au format journal A2 histoire de profiter de notre belle machine et puis, le contraste de taille avec la première collection sera assez marrant.

Charline
Gautier

Pourrais-tu te présenter ?
(D’où tu viens, ton parcours,
où tu en es aujourd’hui…)

Je viens de Saint-Lumine-de-Coutais, une commune au sud de Nantes. J’ai fait un bac STD2A à Nantes et les Arts Décoratifs de Paris juste après. Aujourd’hui, je suis en stage chez Quintal. J’avais déjà eu l’opportunité d’y bosser pour mon stage de troisième année. J’ai développé un certain amour pour la risographie !

Comment est né ce projet ?

J’ai mis beaucoup de temps à trouver une ou des inspirations qui me soient propres et avec lesquelles être complètement moi-même… En me baladant dans le marais près de chez mes parents ( où j’ai passé une bonne partie de « ma jeunesse » ), j’ai eu un déclic. Tout ce qui m’entourait à ce moment m’était ( et m’est ) intrinsèque. Dis comme ça, ça paraît con. Mais jusqu’à ce que je m’en rende compte, c’était très flou. Du coup, pour mon diplôme, je voulais produire des images qui naîtraient de cette ambivalence que l’on peut avoir quand on grandit à la campagne : d’une part, tu évolues dans un univers organique, lent et contemplatif et d’une autre part, tu fantasmes la ville parce qu’il s’y reflète quelque chose de l’ordre. Mais c’est comme le porno, tu penses que c’est la norme du sexe, au final, tu te rends compte que c’est beaucoup de clichés. La ville c’était un peu mon film de boules étant ado.

Des projets en cours ?
Où est-ce qu’on peut te suivre ?

J’ai un projet de livre à venir autour de l’overthinking, des envies d’affiches en riso et de monotypes. Et je suis en train de travailler sur un fanzine en risographie autour du cul hard vu par les meufs, une partie illustration et une partie photographie avec des artistes que j’admire. J’ai aussi l’intention de faire des colliers avec des dés de jeu de rôles.
Suivez-moi sur Instagram, mais honnêtement mon compte est vide, en revanche, je poste pas mal de stories. Promis, je vais y remédier.

Est-ce que tu aurais un mot à dire
au lecteur qui lirait ton ouvrage ?

On a tous et toutes une ou des épines dans le pied, il faut juste essayer de ne pas trop marcher avec. Cette phrase de sagesse à deux balles, j’adore. La petite bise cher lecteur et chère lectrice.

rédigé par ☞ Yann Quelennec
quntal x Charline Gautier x un fanzine par mois

( Parfois indisponible dsl. )