Paradise city

En 2016, avant la création d’Un Fanzine par Mois, nous rencontrions à la terrasse d’un lieu que la nuit embellie un jeune garçon enthousiasmant. Son nom, nous ne l’avons pas retenu – lui ne se souvient même pas de nous – mais deux mots n’ont jamais évacué nos pensées : « Paradise City ». C’était le titre d’un projet de bande dessinée que ce garçon portait avec deux amis. Ce soir-là il nous en montra quelques visuels d’une marquante beauté. Trois ans plus tard, nous profitons de notre association pour contacter l’un des trois auteurs de l’ouvrage et faire en sorte que cette soirée menée jusqu’à l’oubli vous profite autant qu’à nous. Après cette nouvelle rencontre, impossible toujours, de savoir lequel des trois lascars nous avait présenté les esquisses du projet trois ans plus tôt, mais cette fois on ne s’oubliera pas.

À leur sortie de l’école Pivot, Pierre Hay, Ké Cléro & Toth’s ne savent que faire. C’est un fait tristement banal : on trouve difficilement des travaux aussi rentables qu’enthousiasmant à la sortie d’une école d’art. Rien ne vaut alors une bonne tablée d’amis pour, bouillant d’une énergie adolescente, s’engager les yeux fermés sur de grands projets. Ainsi débute la genèse de Paradise City. Cette première soirée, suivie d’autres, posent les jalons du futur ouvrage. L’ambition est aussi intuitive que complexe. Pour mêler les potentiels et le plaisir de la création en collectif et en solo, les trois artistes mettront en scène, chacun de leur côté, une histoire s’inscrivant dans un récit choral écrit à six mains. Le tout est imbibé de l’influence de Tarantino et du cinéma Coréen. Ainsi, une fois leur campagne de financement participatif réussie, ils nous offrent en 2017 un résultat qui sent bon la sueur et le travail aussi passionné qu’acharné.

Aujourd’hui, la perspective d’initier un nouveau plan à trois fait toujours frémir une étincelle d’excitation dans les yeux de , Toth’s & Pierre. Mais l’énergie et le temps nécessaire à une telle entreprise obligent le trio à prendre leurs mal en patience. En attendant, dessine avec brio sur la peau des gens et se retrouve au sommaire d’un futur DoggyBags édité par le label 619 d’Ankama. Pierre, lui, a déjà été dans le numéro « Beware of redneck » sorti en 2018. Toth’s, quant à lui, met ses talents au services des skateurs et des skieurs en illustrant leur matos de glisse.

rédigé par ☞ Yann Quelennec